Cette nuit, enfin, j'ai réussi à dormir un peu plus. Ouf ! Je commençais à être épuisée : mais toujours la ville m'attend à chaque instant, ainsi que l'appel de la découverte... Pourtant, ce matin, en me réveillant, je me sens étrange et bizarre : un peu trop bu la veille, un peu la gueule de bois, un peu dans le vague et toujours ce rêve qui n'a de cesse : Berlin...
Il faut que je bouge, que je me secoue, sinon je sens bien que je ne ferais rien de ma journée. Justement, Joan-Paolo et Dietrich partent chez Nana pour l'aider à repeindre sa salle à manger. Je décide de les accompagner. Ainsi s'offrent à moi de nouveaux quartiers, de nouveaux horizons et encore d'autres personnes....
Cependant que nous organisions tout un travail à la chaîne afin d'être efficaces, j'entends le saxophone qui recommence à crier. Je me penche à la fenêtre pour le chercher du regard. Il est là... Avec les mangeurs de feu, au coin de la rue, juste en dessous... Son cri n'a pas changé : toujours détresse dans la lumière sans soleil. Je l'écoute, fascinée... Les autres ne comprennent pas. C'est vrai qu'il joue un peu faux, mais il est si sincère... Les passants s'arrêtent et l'écoutent, jettent une pièce ou deux et repartent. Sont-ils eux aussi séduits par la vérité de son cri ?
Ça y est, le travail enfin terminé et la pièce à nouveau immaculée... Tea-time et temps de repos bien mérité, odeur de café dans la clarté de ce séjour à nouveau blanc et encore tout vide. Puis nous repartons...
Sur le chemin du retour, sans rien dire, Dietrich entre dans un magasin de babioles et en ressort avec un de ces petits moulins à vent pour enfant qu'il me tend. Touchée et amusée par ce présent... C'est vrai qu'ici, ils me voient tous comme une petite fille fragile et paumée dans ce grand Berlin et moi, je me sens juste bien... Je suis du regard toutes les petites étoiles qui tournent au moindre coup de vent, vertes et rouges, très jolies... Dans le métro nous rions de l'indifférence des gens qui nous regardent, de leur étonnement ou de la sympathie qu'ils nous témoignent. Et le moulin à vent tourne...
Un peu lasse en arrivant, un bain chaud, puis j'attends... Je dois bientôt retrouver les italiens qui m'ont pris une place de concert pour ce soir : "The Butthole Surfers" (pour les écouter rendez-vous ici). Raffaele m'a parlé du concert qu'ils avaient vu le samedi précédent à Hamburg. Ils avaient tous beaucoup aimé au point de retourner voir le groupe ce soir. Mais avant d'y aller, je me repose un peu, profitant pour un moment de la douceur de l'appartement, de la présence de Dietrich et Wolfgang que bien souvent je ne fais que croiser.
Café Swing pour point de ralliement. Ils sont déjà tous là quand j'arrive avec quelques minutes de retard. D'habitude ponctuelle, mais ici, une fois de plus, le temps s'est fait oublier...
Une bière et des sourires, nous y allons après avoir échangé quelques mots. Le concert se joue au Loft. Le Loft est dans le Metropol, am Nollendorfplatz. Toute une foule se presse déjà à l'entrée de la vieille bâtisse. Un peu plus dure et un peu plus noire, un peu plus agressive que de coutume. Chacun se bouscule et lutte pour défendre son entrée dans la boîte car il n'y aura manifestement pas de places pour tous.
Derrière l'entrée, un dédale de couloirs et d'escaliers se déroulent devant nous. Je me sens un peu perdue et très petite au milieu de tous ces étrangers. Mais ici, l'étrangère, c'est moi !!!Enfin : la salle de concert. Le lieu me plaît... Pas de sièges et un sol tapissé d'une épaisse moquette. Chacun se retrouve et discute avant le début du spectacle. Mais la tension monte avec l'attente et le public se fait plus pressant avec le temps qui passe. J'ai été surprise, en lisant les programmes, de découvrir qu'ici, la première partie n'est pas de coutume. Impatiente moi aussi... Si je connais le nom du groupe... J'ignore ce qu'ils jouent ! Je me retrouve dans cet état d'excitation d'avant un concert, comme aux toutes premières manifestations rock auxquelles je suis allée lorsque j'avais 14 ou 15 ans. L'indifférence et la saturation de ces deux ou trois dernières années semble m'avoir enfin quittée. Je me sens à nouveau prête à m'abandonner à la musique live...
Les lumières s'éteignent, le public se lève et s'avance peu à peu, par imperceptibles mouvements pour se rapprocher de la scène. Curieux et impatient lui aussi... Il observe, l'attention en éveil, l'esprit critique, prêt à huer le groupe s'il ne donne pas ce que l'on attend de lui.
Le spectacle commence...
Le silence qui précède l'arrivée des musiciens s'abat sur la salle. Ils sont là... On distingue leurs ombres sur la scène, dans la pénombre étouffante qui règne pendant ces quelques instants d'attente. Ils attaquent... Un rythme qui exprime toute la violence d'une révolte. Les sons grinçant d'un monde industriel. Derrière eux, un immense écran sur fond de guerre. Des hélicoptères y passent et larguent leurs bombes en bourdonnant comme la musique. C'est extraordinairement puissant... Et cette fille avec eux, qui danse nue sur la scène, comme on se débattrai contre une vie trop pesante... Tête rasée à l'exception de deux petites rayures, regard clair et perçant qui lui donnent l'allure d'un petit animal sauvage et effrayé.
Je me tourne vers le public, et je sens que lui aussi, même s'il accueille cette situation avec naturel est troublé et sidéré par la force et la puissance du spectacle. Fin du premier morceau. Même si les spectateurs demeurent froid en apparence, on peut percevoir cette vague de chaleur qui émane d'eux pour cette musique qui les envahi corps et âme. Cette chaleur, le groupe y puise plus de force pour exprimer mieux encore toute cette révolte qu'ils portent en eux. Le concert se poursuit. D'un bout à l'autre je reste debout, pétrifiée par toute la force qui s'en dégage. Je suis là, sans bouger, le regard rivé sur eux tous, sous ces stroboscopes et ces flashs rouges. Je me sens écrasée par la puissance du spectacle.
Il faut que je bouge, que je me secoue, sinon je sens bien que je ne ferais rien de ma journée. Justement, Joan-Paolo et Dietrich partent chez Nana pour l'aider à repeindre sa salle à manger. Je décide de les accompagner. Ainsi s'offrent à moi de nouveaux quartiers, de nouveaux horizons et encore d'autres personnes....
Cependant que nous organisions tout un travail à la chaîne afin d'être efficaces, j'entends le saxophone qui recommence à crier. Je me penche à la fenêtre pour le chercher du regard. Il est là... Avec les mangeurs de feu, au coin de la rue, juste en dessous... Son cri n'a pas changé : toujours détresse dans la lumière sans soleil. Je l'écoute, fascinée... Les autres ne comprennent pas. C'est vrai qu'il joue un peu faux, mais il est si sincère... Les passants s'arrêtent et l'écoutent, jettent une pièce ou deux et repartent. Sont-ils eux aussi séduits par la vérité de son cri ?
Ça y est, le travail enfin terminé et la pièce à nouveau immaculée... Tea-time et temps de repos bien mérité, odeur de café dans la clarté de ce séjour à nouveau blanc et encore tout vide. Puis nous repartons...
Sur le chemin du retour, sans rien dire, Dietrich entre dans un magasin de babioles et en ressort avec un de ces petits moulins à vent pour enfant qu'il me tend. Touchée et amusée par ce présent... C'est vrai qu'ici, ils me voient tous comme une petite fille fragile et paumée dans ce grand Berlin et moi, je me sens juste bien... Je suis du regard toutes les petites étoiles qui tournent au moindre coup de vent, vertes et rouges, très jolies... Dans le métro nous rions de l'indifférence des gens qui nous regardent, de leur étonnement ou de la sympathie qu'ils nous témoignent. Et le moulin à vent tourne...
Un peu lasse en arrivant, un bain chaud, puis j'attends... Je dois bientôt retrouver les italiens qui m'ont pris une place de concert pour ce soir : "The Butthole Surfers" (pour les écouter rendez-vous ici). Raffaele m'a parlé du concert qu'ils avaient vu le samedi précédent à Hamburg. Ils avaient tous beaucoup aimé au point de retourner voir le groupe ce soir. Mais avant d'y aller, je me repose un peu, profitant pour un moment de la douceur de l'appartement, de la présence de Dietrich et Wolfgang que bien souvent je ne fais que croiser.
Café Swing pour point de ralliement. Ils sont déjà tous là quand j'arrive avec quelques minutes de retard. D'habitude ponctuelle, mais ici, une fois de plus, le temps s'est fait oublier...
Une bière et des sourires, nous y allons après avoir échangé quelques mots. Le concert se joue au Loft. Le Loft est dans le Metropol, am Nollendorfplatz. Toute une foule se presse déjà à l'entrée de la vieille bâtisse. Un peu plus dure et un peu plus noire, un peu plus agressive que de coutume. Chacun se bouscule et lutte pour défendre son entrée dans la boîte car il n'y aura manifestement pas de places pour tous.
Derrière l'entrée, un dédale de couloirs et d'escaliers se déroulent devant nous. Je me sens un peu perdue et très petite au milieu de tous ces étrangers. Mais ici, l'étrangère, c'est moi !!!Enfin : la salle de concert. Le lieu me plaît... Pas de sièges et un sol tapissé d'une épaisse moquette. Chacun se retrouve et discute avant le début du spectacle. Mais la tension monte avec l'attente et le public se fait plus pressant avec le temps qui passe. J'ai été surprise, en lisant les programmes, de découvrir qu'ici, la première partie n'est pas de coutume. Impatiente moi aussi... Si je connais le nom du groupe... J'ignore ce qu'ils jouent ! Je me retrouve dans cet état d'excitation d'avant un concert, comme aux toutes premières manifestations rock auxquelles je suis allée lorsque j'avais 14 ou 15 ans. L'indifférence et la saturation de ces deux ou trois dernières années semble m'avoir enfin quittée. Je me sens à nouveau prête à m'abandonner à la musique live...
Les lumières s'éteignent, le public se lève et s'avance peu à peu, par imperceptibles mouvements pour se rapprocher de la scène. Curieux et impatient lui aussi... Il observe, l'attention en éveil, l'esprit critique, prêt à huer le groupe s'il ne donne pas ce que l'on attend de lui.
Le spectacle commence...
Le silence qui précède l'arrivée des musiciens s'abat sur la salle. Ils sont là... On distingue leurs ombres sur la scène, dans la pénombre étouffante qui règne pendant ces quelques instants d'attente. Ils attaquent... Un rythme qui exprime toute la violence d'une révolte. Les sons grinçant d'un monde industriel. Derrière eux, un immense écran sur fond de guerre. Des hélicoptères y passent et larguent leurs bombes en bourdonnant comme la musique. C'est extraordinairement puissant... Et cette fille avec eux, qui danse nue sur la scène, comme on se débattrai contre une vie trop pesante... Tête rasée à l'exception de deux petites rayures, regard clair et perçant qui lui donnent l'allure d'un petit animal sauvage et effrayé.
Je me tourne vers le public, et je sens que lui aussi, même s'il accueille cette situation avec naturel est troublé et sidéré par la force et la puissance du spectacle. Fin du premier morceau. Même si les spectateurs demeurent froid en apparence, on peut percevoir cette vague de chaleur qui émane d'eux pour cette musique qui les envahi corps et âme. Cette chaleur, le groupe y puise plus de force pour exprimer mieux encore toute cette révolte qu'ils portent en eux. Le concert se poursuit. D'un bout à l'autre je reste debout, pétrifiée par toute la force qui s'en dégage. Je suis là, sans bouger, le regard rivé sur eux tous, sous ces stroboscopes et ces flashs rouges. Je me sens écrasée par la puissance du spectacle.
Et longtemps après la fin, longtemps après avoir quitté le Loft, longtemps après être arrivée au Kumpelnest, je reste sans pouvoir dire un mot, possédée par toute cette violente beauté.
Et lorsque je suis rentrée, tard dans la nuit, dans la pénombre de l'appartement endormi, j'avais encore, devant mes yeux fermés, les images de ce concert qui défilaient...
Et lorsque je suis rentrée, tard dans la nuit, dans la pénombre de l'appartement endormi, j'avais encore, devant mes yeux fermés, les images de ce concert qui défilaient...

Sincèrement, après t'avoir lu, c'est un peu comme si j'avais assisté à ce concert. Quelle fougue ! Quelle passion !Merci Sophie ;)
RépondreSupprimerMerci à toi, Mary j'dan ! Pour la passion tu dis vrai, quand à si je suis capable de l'exprimer et de la faire partager, ça c'est une autre paire de manches...
RépondreSupprimer...J'ai des frissons partout !... pourtant, je t'assure, ce n'est pas moi qui dansais nue !Mais tu racontes bien !Merci.
RépondreSupprimerMerci à toi, Quichottine
RépondreSupprimerje suis tombé amoureux de ton illustration en haut de cet article...besostilk
RépondreSupprimerMoi aussi : je peux le dire en toute modestie, car elle n'est pas de moi, c'était une rélisation tryptique que j'ai trouvée sur le mur de Berlin en 1987 (auteur inconnu). C'est je crois la seule image que j'en ai. Bises à toi, Tilk
RépondreSupprimerCoucou,Suite à ton problème informatique l'autre jour, j'avais donné sur mon blog mais depuis j'ai trouvé un truc excellent coté conseil informatique : http://www.coupdepoucepc.com/C'est aussi dans la rubrique "pratique" de mes liens à droite.Cordiamicalement
RépondreSupprimerBon, promis, je viendrais voir ça. Mais en ce moment, un peu moins de temps pour les visites (pas toujours facile de tout gérer. Merci pour les tuyaux et cordiamicalement à toi Guillaume !
RépondreSupprimerBISES DE MEKRESSE PAS LA FORCE DE LIRE ...REVIENDRAI ...BISES
RépondreSupprimerMekresse aurait-elle besoin de vacances ?
RépondreSupprimerouahouuu, ton émotion passe dans tes mots, soirée et sensations très fortes. bonne nuit...
RépondreSupprimerMerci à toi Estelle. C'est vrai, même au simple souvenir de ce concert, les émotions restent très fortes...
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