jeudi 6 mars 2008

Souvenirs berlinois obsolètes (9)


Le mur de Berlin


Ce matin, j'ai mal dormi... Trop excitée par l'imprévu de toutes ces nuits berlinoises. Réveillée depuis longtemps, j'attends, sans bouger, que les autres se lèvent. Des minutes ou des heures passent ainsi, j'ai perdu la notion du temps...
Il est vers 5 heures, lorsque la maison s'éveille enfin. Petit déjeuner à l' Allemande : café, pain et fromage en abondance.

Nous retrouvons le reste de l'équipe en début de soirée chez Dietrich et Wolfgang. J'avais déjà décidé d'une partie de mon emploi du temps : dans le Zitty, j'avais vu l'annonce pour le festival au quartier latin. Le dixième anniversaire de la mort d'Elvis. Enfin, un concert berlinois ! Depuis si longtemps... Mais jamais nulle part, le mois d'août n'a été sacré mois du rock. Mois des touristes et mois du soleil sur les plages... Je hais ce soleil et ce bonheur aménagé, dénué de toutes sensations. Septembre et les concerts commencent à recommencer...
Elke décide de m'accompagner. Les autres, dans l'ensemble, ne vibrent pas vraiment au son du rock à l'exception de Christian, mais manque de chance, il travaille très tôt le lendemain.

Nous remontons la Potzdammerstrasse. Le quartier latin n'est plus très loin. Déjà toute une foule cosmopolite et colorée attend devant l'entrée.
Une grande baie vitrée ouverte sur la rue, un bar surpeuplé sur larges dalles noires et blanches en guise de hall. Contrairement à ce que je pensais, pas exclusivement des teddy boys. Non, toutes les "sectes à étiquettes" sont représentées. Sur la scènes, les groupes défilent, d'une surprenante variété... Tous rendent hommage au Dead King : des punks aux psychos, avec même quelques groupes expérimentaux.Tous reprennent des morceaux d'Elvis, additionnés de leur propre sensibilité. Certains sont vraiment excellents !
Atmosphère inoubliable...
Documents d'époques sur grand écran entre les groupes pour faire patienter le public impatient.
La fin : Wunderkerzen à l'appui des rappels.
La lumière est merveilleusement gaie sur les visages souriants. Une douceur inattendue dans un monde de rock...
Et cette chaleur entre musiciens et public... On ne sait plus qui est qui ; mais les uns ne sont rien sans les autres. Et ici, on le sait...
Tous montent sur la scène et descendent dans la salle. Combien de barrières et protocoles abolis dans un univers de business ?

Je quitte à regret ce petit coin de monde accueillant.
Chemin du retour...
Wolfgang travaille encore lorsque nous arrivons. Dietrich n'est pas encore là. Nous l'attendons dans la cuisine, musique avec radio 100, les morceaux que j'aime se succèdent sur les ondes. C'est inhabituel pour moi de les entendre sortir de cette boîte.
Lorsque rentre Dietrich, nous nous réfugions dans la pièce du fond avec lui et Elke pour bavarder un peu avant d'aller dormir, quand nous entendons un petit grattement à la porte qui s'entrouvre : quatre flûtes à champagne, eine flasche Sekt et Wolfgang toujours souriant apparaît... Bruit de bouchon qui saute, le liquide moussant coule dans nos verres en pétillant, nous rions. Profitant des ces instants d'un bonheur éphémère, nous trinquons à la santé d'un univers que nous imaginons sans guerre, petit monde feutré dans ce grand monde... Sans oublier le gros alligator pneumatique qui nous observe de son regard bienveillant, là-haut, sur l'armoire.

Lorsque, plus tard, j'ai fini par m'endormir, c'était avec un sentiment de calme heureux, une sensation de paix qui m'était étrangère depuis longtemps. Lorsque, plus tard, j'ai fini par m'endormir, c'était bercée par tous ces rêves bien réels et cette joie que je ne me connaissais plus...

2 commentaires:

  1. Je comprends ce sentiment si intense... tes mots m'ont emportée bien loin de mon ordinateur.Merci.

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  2. Merci beaucoup à toi, Quichottine. Ce n'est qu'un simple "journal de voyage". Important pour moi, je l'admet, mais je ne pensais même pas qu'il puisse un jour être lu par d'autres... En renouant avec, cela réveille en moi des émotions très fortes.

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