ever du jour... Nous quittons Florac en empruntant le sentier qui monte sous les gigantesques visages de pierre étranges et menaçants. Dans la lumière encore timide, nous avançons sous cette forêt de pierres phalliques, émerveillés d'en découvrir toujours de nouvelles, plus extraordinaires, voilées par la bruine dans laquelle nous nous enfonçons au fil des pas.
Sommet du Causse... Noyés dans le brouillard. La neige a recouvert le plateau de sa robe immaculée.
Un dolmen... Témoignage d'un autre temps où les hommes vénéraient une nature dont la force les dépassait.
J'imagine aisément ces lieux où Mère Nature a modelé des terres aussi sauvages et grandioses, comme des lieux sacrés jusque dans des temps immémoriaux, afin de transgresser l'inquiétude qu'ils éveillaient chez ces hommes. Des Celtes s'étaient sans doute établis dans ces contrées. Plusieurs noms à consonance bretonne en témoignent. Sur la carte, je recense même un "Carnac" !
Peut-être aussi ces plateaux aux abords de châteaux forts, et dont les falaises se sont substituées aux fortifications, ont-elles été le refuge de peuples fuyant devant l'envahisseur ?
Au fur et à mesure que nous avançons, la lumière nébuleuse se referme sur nous, nous cachant l'horizon caussenard. Dans la solitude d'une nature silencieuse, comme morte, surgit parfois de l'épais brouillard, le squelette d'arbres désespérément nus, tendant leurs longs bras décharnés à travers ce voile blanc qui les retient prisonniers.
Pause à l'abri d'un talus de pierre... Je distingue à peine les maisons du hameau qui, pourtant, ne sont qu'à quelques mètres de là.
Au hameau, la petite route que nous suivons se transforme en piste qui semble praticable. La neige y a fondu et des véhicules agricoles y sont passés, laissant de larges traces derrière eux. Le brouillard se dissipe un instant et le soleil nous gratifie d'un rayon suffisant pour faire surgir le spectre d'un arc-en-ciel sur un paysage d'hiver désolé.
À suivre...
Coucou Sogo, c'est quand même une drôle d'aventure ...Gros bisous du jeudi,
RépondreSupprimerElle a même été un peu éprouvante ! Bisous du jeudi à toi aussi,
RépondreSupprimerTu as raison...Finalement j'ai fait une erreur de lecture, ici, peut-être pour me rassurer moi-même.Sans le vouloir, j'ai lu "un horizon gauguenard"... il se riait de nous avant de nous proposer cet arc-en-ciel salvateur...Salvateur ? Je ne sais pas. Il me semble que la brume a pu se lever, qu'un soleil, même timide, a pu nous défaire de ce manteau ouaté qui nous étouffait.... mais ton histoire n'est pas finie. Alors, j'attends, comme si j'allais moi aussi voir surgir un nouveau monstre......
RépondreSupprimerC'est vrai que l'horizon gauguenard se riait de moi... Justement en me cachant l'horizon !!! Pour mon histoire ? Il n'y a pas de chute (enfin, de fin palpitante, je veux dire) ce n'est qu'un journal de bord tenu lors d'une randonnée, parsemé de descriptions, de sensations... Mais pour la fin : c'est plutôt happy-end (si on peux dire, même sans fin) puisqu'aujourd'hui je suis là, derrière mon clavier...
RépondreSupprimerje suis allée jusqu'au "5" pour voir où t'emmenerait le sentier d'apres Florac... mais tu ne le dis pas...Je connais bien ce coin, où j'ai passé tant de mes vacances d'enfant ( racines familiales du côté de mon grand pere maternel)... le causse au dessus de Florac, rejoindre le Tomple... redescendre sur Ispagnac , ou Quézac... que de fois ai-je du dire à mes parents "c'est encore loin"? mais peut-être est-ce là qe j'ai appris à aimer la nature....
RépondreSupprimerSi, je le dis... Mais je ne le dis que dans le "7" : Nous arrivons à l'Hom (c'est un hameau)... Ce coin est magnifique et j'ai aimé son austérité. Je pense aussi que dans ces lieux, on apprend à aimer la nature... On y ressent sa toute puissance ! Plus tard (quelques années après cette randonnée), je suis partie vivre 7 ans en Montagne Ardéchoise. Là encore, une nature sauvage qui m'a submergée de sa beauté (dans "Tranches de vie", quelques récits sur cette région)... Amitiés à toi, Mahina et passe une bonne journée
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