vendredi 28 août 2009

Galère blanche (5)

Depuis que nous marchons vers le sud, un vent violent souffle sur le plateau nous cinglant le visage d'un crachin glacial. La piste est de plus en plus enneigée. Nous dérapons sur les plaques de glace. Le brouillard... De plus en plus épais. Le temps... De plus en plus mauvais.

Nous nous enfonçons toujours dans la forêt de résineux, continuant à plonger plus avant dans cette lumière aveugle. Les traces de plus en plus effacées qui nous indiquent la piste, tournent soudainement. Nous les suivons encore un moment, puis, perplexes, revenons sur nos pas. Là où les traces tournent, la piste, elle, semble continuer tout droit dans la tranchée de sapins, à peine perceptible sous la neige... Mon compagnon part en reconnaissance dans cette direction vierge de traces humaines. Il disparaît rapidement dans cet univers blanc. Je l'attends dans ce monde étouffant de neige et de brouillard. Je l'appelle... Il ne répond pas. Il ne m'entend pas, isolé par ce mur impalpable et suffocant...

L'angoisse monte en moi. Aucun signe sur les arbres pour indiquer que le sentier passe par ici. Sans doute les traces qui nous guidaient jusque là, s'arrêtent-elles à un champ : voie sans issue...

Notre chemin se poursuit-il droit devant ? Nous hésitons...

Nous nous engageons... Franchissant un pas de plus au cœur de ce néant ! Le chien, lui aussi, émet des signes d'inquiétude... Il tente de caler ses pas dans nos traces. La marche est de plus en plus rude... De plus en plus lente... À chacun de nos pas, nous enfonçons dans cette neige de plus en plus épaisse... Un sentiment de panique me saisit. Et si ce n'était pas la bonne direction ? Si nous n'arrivions pas à rejoindre un hameau avant la nuit ? Nous ne sommes pas équipés pour dormir dehors par un tel temps ! Et la seule pensée de dormir dans cette forêt inhospitalière me donne des frissons ! Elle donne l'impression qu'une bête affamée pourrait surgir à tout instant pour nous dévorer !

Nous marchons encore longtemps... À l'aveugle ! Cela devient de plus en plus pénible. En cet instant, je sens la nature infiniment grande autour de moi si petite. Je la sens implacable et sans pitié tandis qu'elle m'enveloppe toute entière et se révèle aussi sévère qu'elle peut-être généreuse. L'impression d'être perdue dans l'espace et que l'espace est infranchissable, ou plutôt immuable jusqu'à la prochaine âme humaine. Sans fin... La mort ou l'éternité... Quelque chose d'indescriptible se passe en moi face à tout ce vide. Je continue à avancer sans repère, désorientée, seule avec moi-même...

À suivre...

8 commentaires:

  1. Angoisse...J'ai peur aussi, moi.(pourtant, je sais que tu es revenue....)

    RépondreSupprimer
  2. J'aurais pu me perdre tout à fait !

    RépondreSupprimer
  3. Bon, je retire... le fond n'est plus à petits carreaux... pourquoi ne l'avais-je pas vu ?

    RépondreSupprimer
  4. Ben... Je crois qu'avec certains navigateurs ou certains écrans, les petits carreaux rendaient la lecture plus difficile ! Alors joli, c'est une chose, mais ergonomique( surtout pour nos yeux précieux) ça me semble indispensable ! Bisous et bonne journée à toi, Quichottine

    RépondreSupprimer
  5. Ben, j'aime bien les retrouver dans tes commentaires, mais, c'est vrai que le fond d'article est super comme ça, et les photos ressortent mieux !Bisous, Sogo. Passe une belle journée.

    RépondreSupprimer
  6. Merci beaucoup à toi, Quichottine, ça m'aide bien dans la construction de mon blog de savoir un peu ce que voie les autres depuis chez eux ! Bisous à toi

    RépondreSupprimer
  7. Même pas, puisque je suis là !!! Bises à toi, Tilk

    RépondreSupprimer