vendredi 30 novembre 2007

Souvenirs berlinois obsolètes (2)

Premières impressions...
Par où commencer ?

Arrivée hier après-midi, après le passage de douanes hostiles et l'austère traversée du couloir de l'Est. Un voyage un peu triste, un peu long, mais sans encombres. J'ai quitté mes Mitfährer sans regrets, après même avoir refusé les coordonnées qu'ils voulaient me laisser, me sachant seule dans cette ville immense.
Anecdotique, à la fois étrange et drôle : le conducteur, petit homme timide à moustaches et lunettes, vingt-cinq à trente ans, roulait en 4L pour aller retrouver sa dulcinée à Berlin, jeune, allemande et étudiante. Exactement le même stéréotype que le gars qui m'avait emmenée l'année précédente. Un peu comme si tous les types qui passent par des Mitfahrzentrale pour amortir leurs voyages à Berlin étaient les mêmes !

Une seule envie avant toute autre préoccupation : me débarrasser au plus vite de mes bagages pour aller vivre à nouveau cette ville. BAHNHOF ZOO, le sac à dos à la consigne, et mes premiers pas vers une vie encore nouvelle et une ville que je redécouvrais enfin !
La musique est dans la rue, les gens s'arrêtent et l'écoutent, ils applaudissent. Le temps de vivre...

Mais ce soir, où aller ? Déjà neuf heures. J'ai commencé à m'inquiéter. Seul, Stefen connaissait mon arrivée ici. On avait convenu que je l'appellerai une fois à Berlin, mais personne ne répondait. Dietrich non plus n'était pas là. Peut-être même pas rentré d'Italie ? Michael ? Il avait sept homonymes dans l'annuaire, dont certainement aucun n'était lui ! D'ailleurs, n'était-il as parti définitivement à Amsterdam ? Restait la pension où j'avais passé quelques nuits l'année précédente, mais elle affichait complet. Pas même moyen d'avoir un matelas par terre !
Pension "Am Zoo", deux italiens, qui comme moi, cherchent un toit. Mais eux, ils louent déjà une chambre dans une pension un peu plus chère de Charlottenburg. Plus chère et plus ex-centrée aussi ! Ils proposent de ma la montrer. Téléphone... Une dernière tentative avant Charlottenburg. Enfin ! Je parviens à joindre Dietrich entre deux sorties. Il m'accueille avec joie, tout de même un peu surpris par cette visite impromptue.

 Le temps de déposer mes bagages. Une douche après vingt heures de voyage. Et nous voilà repartis. La nuit berlinoise est à nous, enfin... Le 19 et Sonder Tarif pour le KU'DAMM. À nous Brésil et tropiques berlinois. L'ABRAXAS... Exigu, sombre et chaud. Magie de la nuit. Émotion. Joie de vivre. Vivre vite et vivre bien. Tous dansent et sourient. Tous, sur ces rythmes de salsa endiablée. Odeur de sueur et chaleur invivable. Tous se pressent sous le grand ventilateur du plafond, entre danse et frénésie.
Dehors, froid berlinois et gris de la ville. Pourtant Berlin n'a pas cessé de vivre après la tombée de la nuit. Une autre vie séveille peu à peu...

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