samedi 1 décembre 2007

Souvenirs berlinois obsolètes (3)

L'Anfall. Scène alternative plus que saturée, présente partout dans cette ville. Ici, quelque chose de nulle part ailleurs, pas même à Londres. Décors insolites et qui changent. Goût du morbide propre à cette cité. Authenticité et puissance des sentiments. Punkitude et décadence sont du quotidien. Jusqu'à cet enfant qui dort paisiblement, cinq ou six ans tout au plus, déjà punk et crêté, égaré dans la vie nocturne de cette immense cité. Il dort sur sa chaise, tard dans la nuit, tranquille et confiant parmi cette faune très noire qui bouge et qui boit, oubliant monde extérieur et froid du dehors.
L'Anfall, le joueur de tam-tam et la saxophoniste. Sax'aphone... Elle souffle dans son instrument, lance un cri nostalgique et lancinant, pendant que les mangeurs de feu avalent leurs flammes et les jongleurs jouent avec leur feu. Buveurs de bière captivés. Magie de la nuit qui agit. Et l'enfant dort toujours...
Cinq heures du matin déjà et la Golgatha à nous seuls. Pluie et nuit noire au dehors,  nuit de la rue qui avance sans que nous le sachions. Et ce petit coin d'un monde clair et chaud. Chaleur humaine. Chanson du travesti. Dernières notes de New York. Et revit ce Berlin des années trente, un peu comme un fantôme qu'on ne parvient à oublier...
Berlin d'autrefois, Berlin d'aujourd'hui, l'histoire les a séparés d'un mur, mais l'actuel poursuit l'ancien : toujours vie nocturne et décadence y règnent.

Berlin est vécu comme la déchirure d'un monde trop capitaliste. Berlin, appel au secours et vit intensément. Appel au "No future" dans une ville artificielle et sans avenir. Cri de désespoir d'une vie sans espoir.

4 commentaires:

  1. Pourquoi je ne l'avais pas lu ?J'aime bien ta façon de raconter... c'est un peu comme un histoire au coin du feu... avec ce qu'il faut de nostalgie pour pouvoir fermer les yeux en t'écoutant et en rêvant à ce saxo qui joue dans la nuit.Bisous...

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  2. Merci Quichottine, ce que tu dis là, me touche énormément !Bises à toi !

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  3. Pauvre Berlin, berlinois et berlinoises contraints à ces semblants de survie, cette imitation de vie. J'  aurais aimé écouter cette saxophoniste.Elle doit bien raconter les choses de la vie sur son instrument.

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  4. À l'ouest au contraire, la vie était des plus intense...À l'ouest au contraire, c'était la plus totale liberté... À l'ouest, les frontières n'existaient pas...Comme un antidote à ce qui se passait à l'est...

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