Suite à un échange de commentaires avec Quichottine, j'ai eu envie de vous parler un peu plus longuement de cet auteur, que vous connaissez peut-être, et dont j'avais particulièrement apprécié la lecture...
Né à Braïla (Roumanie) en 1884, d'une mère blanchisseuse et d'un contrebandier grec, il est élevé dans un village proche de son lieu de naissance. Il ne connaît de l'école que le cycle du primaire et très vite est amené à travailler comme apprenti chez un cafetier grec, puis chez un pâtissier albanais. Il devient ensuite marchand ambulant, manoeuvre puis soutier à bord de paquebots. Cela l'entraîne vers de nombreuses destinations. Panaït Istrati, malgré le peu d'études qu'il a fait, révèle un appétit de lecture énorme et une grande soif de connaissance qu'il assouvit parallèlement à son travail. Au cours de ses voyages, il apprend plusieurs langues, dont le français, de façon autodidacte par un système de fiches qu'il se crée. À Nice, en 1921, dans une profonde détresse, seul face à la misère et à la maladie, il tente de se suicider. Sauvé de justesse, on retrouve sur lui une lettre adressée à Romain Rolland qu'il n'a jamais envoyée. On transmet ce courrier à l'écrivain, qui touché par son contenu, répond rapidement, encourageant Panaït Istrati à écrire. C'est ainsi que pour ce dernier, tout a commencé...
En 1923, son premier récit, "Kira Kyralina", est publié avec une préface de Romain Rolland. À travers ces écrits inspirés de l'histoire de sa famille, on y décèle toute la verve du conteur oriental, avec une particularité cependant : bien que cela ne soit pas sa langue d'origine, c'est en français que l'auteur choisit d'écrire.
Tout d'abord compagnon de route du parti communiste, il finit par prendre conscience de la dure réalité de la dictature stalinienne. Cela lui inspire l'écriture de "Vers l'autre flamme" et de "Confession pour vaincus" dans lesquels il dénonce avec une grande virulence les injustices du régime soviétique. Panaït Istrati meurt en 1935.
Rejeté tant par les communiste que par les fascistes pour ses propos subversifs, il sombre dans un oubli presque total pendant plusieurs décennies après avoir été, durant l'entre deux guerre, une célèbre figure littéraire. Durant la guerre, son oeuvre est interdite en France, où elle commencera à être réeditée à partir des années 60. En Roumanie, également, c'est l'interdiction sous le régime communiste, pour ne réapparaître qu'en 1990.
Quel étrange destin que celui de Panaït Istrati !
Liste non exhaustive des oeuvres de Panaït Istrati
- Codine - Mikhaïl - Mes départs - Le Pêcheur d'éponges (La jeunesse d'Adrien Zograffi)
- Domnitza de Snagov (Les récits d'Adrien Zograffi)
- Kyra Kyralina (Les récits d'Adrien Zograffi)
- Oncle Anghel (Les récits d'Adrien Zograffi)
- La maison Thüringer - Le bureau de placement - Méditerranée (Lever de soleil) - Méditerranée (Coucher de soleil) (Vie d'Adrien Zogfraffi)
- Les chardons du Baragan
Pour ma part, la découverte de cet auteur avait été une révélation. Ces récits présentés comme des contes, recèlent, cependant, toute la dureté d'une vie au destin incertain, les déchirures d'une survie aléatoire, tout en offrant au lecteur, à travers cet aspect tragique, la magie de l'orient...






Merci Sogo... J'espère que je trouverai ses livres en bibliothèque. Je regarderai. Tu donnes vraiment envie de le lire. Bises du mardi
RépondreSupprimerJe pense que tu devrais les trouver sans trop de difficultés. Il est actuellement plutôt bien diffusé.J'espère que cela te plaira !Bises du encore mardi à toi, Quichottine !
RépondreSupprimertu viens de me faire découvrir un auteur que je ne connaissais pas, dès que j'aurais l'occasion je lirai un de ses bouquins...merci
RépondreSupprimerJ'espère que cela te plaira... Personnellement, j'aime beaucoup !
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