... Aïn-Salah.
Impossible de rejoindre Aïn-Salah avant le soir. Depuis de nombreux kilomètres déjà, plus de route... À peine une piste mal tracée pour une étape de 400 kilomètres. Dangereux dans la pénombre ! Nous nous arrêtons dès que le jour décline, surpris par la rapidité avec laquelle tombe la nuit.
Une gerboise timide aux gros yeux sombres vient nous rendre visite, attirée par le bruit et la nourrriture. Puis elle s'enfuit à nouveau dans le noir. Dans l'après-midi aussi, alors que nous étions arrêtés, une hirondelle du désert s'est approchée, curieuse. Elle semblait nous appeler en voletant autour de notre véhicule. Elle partait, revenait jusqu'aux fenêtres, s'est posée un instant sur le capot. nous avons alors pu détailler avec précision son ventre blanc, les dessins rouges de sa tête et sa robe noir d'ébène. Elle recommença sa ronde frénétique pour finalement entrer dans la voiture, se poser contre ma poitrine avant d'aller se perdre dans le coffre. Nous l'avons cherchée, puis relâchée du bout des doigts. Les animaux à qui l'homme est inconnu, sont d'une familiarité déroutante.
La nuit était maintenant tout à fait noire mais infiniment étoilée. Dans le lointain, nous entendions le grondement des poids-lourds du désert qui roulaient sans s'arrêter. Leurs phares s'accrochaient longtemps à l'horizon avant d'approcher, tant le plateau du Tademaït (nu comme la paume de la main) était vaste. mais leur bourdonnement se rapprochait, lourd et puissant, inquiétant. Ces camions avançaient sûrs d'eux, sur une route incertaine, poursuivant leur chemin sans un cahot, dans la nuit saharienne.
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