...Tamanrasset.
À Aïn-Salah, nous retrouvons, par hasard les bretons avec qui nous avions sympathisé sur le bateau et nous joignons à eux pour plus de sécurité. Cette fois, nous abordons réellement le Sahara et l'étape qui nous attend est longue et incertaine : 700 kilomètres de goudron, de piste et de tôle ondulée pas toujours bien balisés. Dans ce contexte, en restant seuls, une panne de voiture pourrait nous être fatale.
Les gorges d'Arak.
De chaque côté de la piste, nous dominent d'étranges animaux de pierres, géants immobiles.
Depuis des jours que nous roulons, l'idée de désert commence à se préciser dans mon esprit et à prendre un ton parfois inquiétant. Au début, il m'était impossible d'imaginer ce que cela signifiait. Mais depuis des centaines de kilomètres nous traversions de vastes étendues aux mille visages, sans verdure aucune, excepté un arbre ou une touffe d'herbe isolés et desséchés qui m'apparaissaient comme une véritable oasis dans cette éternelle désolation végétale. Ce désert à la fois étrange et troublant me fascinait totalement. Deux semaines déjà que nous étions partis, pourtant je n'avais pas l'impression d'être partie. je me sentais tout simplement bien sur la route, un peu comme en un nouveau chez moi.
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