ie d'oasis...Presque une semaine que nous n'avions plus roulé, prenant goût à la douceur de cette vie. À l'hôtel, nous avions rencontré quatre français, qui, comme nous s'apprêtaient à traverser le Sahara. Un jour, ils étaient revenus avec un anglais et un allemand. Je les ai trouvés dans la cour, attablés devant un verre, parlant le langage cosmopolite des gens de la route.
L'anglais repartait le lendemain pour le pays Dogon au Mali. Il souhaitait rester là-bas le plus longtemps possible pour apprendre à connaître ces gens. Il avait déjà passé trois ans au Kenya. L'allemand, avec ces acolytes, devait prendre la route du Tanezrouft quelques jours plus tard. Il nous a proposé de les suivre pour la traversée. Hésitants, nous avons fini par nous décider pour la piste de Tamanrasset. Sans doute la route serait-elle plus difficile de ce côté, mais d'après les informations que nous avions pu grappiller, elle nous ménagerait aussi plus de surprises.
Dans l'après-midi de notre rencontre avec ces gens, l'allemand nous emmena où, avec son amie et une autre personne, il était installé depuis deux mois à l'instar de la police et du contrôle de l'habitant : un coin idyllique, perdu tout à la sortie de l'oasis, en bout de palmeraie. Il faisait bon et frais dans cette toute petite maison blanche pendant que la canicule brûlait au dehors. Nous sommes restés là, l'après-midi durant à discuter, pour ne retourner en ville qu'à l'heure de la chorba. L'air s'était rafraîchi et avec l'heure du repas, les rues s'animaient à nouveau.
Le soir, les allemands nous entraînèrent chez des amis. Après les hôtels et les bars d'état, j'étais plutôt heureuse de m'imprégner enfin de la simplicité et de la chaleur de l'intérieur oriental. Le plat unique posé sur le grand plateau, par terre à même le tapis rouge, les murs clairs et presque nus, les arcades et arabesques de l'architecture et dans un coin le son grésillant d'une petite radio.
Suite à toutes ses rencontres, nous sommes restés quelques jours de plus à Ghardaia, puis un jour, nous nous sommes enfin décidés à poursuivre notre route...
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