vendredi 16 novembre 2007

Remorque...

Lorsqu'on se chauffe au bois, de deux choses l'une :
 
1/ On achète son bois déjà débité et on se le fait livrer. Ne reste qu'à le fendre et le ranger (encore que, comme nous n'avions pas de chemin vraiment carrossable il aurait aussi fallu le monter nous-même jusqu'à la maison).
2/ On achète son bois sur pied, on prend son courage à deux mains et, tronçonneuse sous le bras, on part en forêt tomber les arbres, les élaguer, les débiter pour ramener les bûches chez soi. Après cela reste encore à les fendre et à les ranger.

Ceci dit, notre budget étant assez limité, nous avions opté pour cette seconde solution, financièrement plus légère (mais pas forcément énergétiquement en ce qui nous concernait). Dernier embarras (nous n'imaginions pas forcément à quel point !), le transport : lassés  du peu de capacité de volume d'une voiture, nous nous sommes résolus à emprunter une remorque par souci d'efficacité. Restait à l'atteler ! Nous n'étions pas forcément les rois pour ce genre de manoeuvre et ladite remorque était vraiment grosse ! Ayant garé notre fidèle 4X4 dans la position qui nous semblait idéale, nous nous sommes efforcés d'arracher du sol, la flèche de la remorque (furieusement lourde cette remorque !). Après y être parvenus, nous avons levé le nez vers le véhicule, tirant la remorque de toute nos force pour aller l'arrimer sur l'attache. Et là... Ô stupéfaction ! Au moment même où nous allions l'atteindre, nous avons vu notre voiture s'enfuir, nous échapper tout doucement d'abord, puis plus rapidement, traverser la route et aller s'écraser contre une souche du fossé d'en face (simple oubli de frein à main) ! Premier constat : pas trop de casse et fort heureusement personne à cet instant sur la départementale ! Plusieurs vaines tentatives pour extirper l'engin d'où il s'était engouffré. Rien à faire ! Pas moyen de le faire bouger ! Remonter à la maison en courant (400 mètres de draille et 50 mètres de dénivelé)... Zut ! Nous qui voulions justement économiser nos forces pour la journée de bois, ça se présentait plutôt mal ! Téléphoner d'urgence au voisin avec qui nous avions rendez-vous. D'abord pour signaler notre retard, mais surtout, pour lui demander de l'aide avec son tracteur. Dès son arrivée le véhicule est rapidement remis d'applomb. Ouf ! On pouvait enfin partir ! Mais déjà une, voire même deux heures ou plus, avaient passé, ce qui réduisait d'autant notre potentiel temps de travail !
Bon ! Cette fois, le départ avait sonné ! Joyeusement, n'est peut-être pas le mot, mais nous étions en route, c'était l'essentiel ! Nous roulions en direction des bois, quand soudain... nous avons vu nous doubler...une remorque ! En une fraction de seconde, nous nous sommes tournés l'un vers l'autre et d'une même voix : "Mais c'est la nôtre !". Là encore, nous l'avons vue filer pour finir par s'arrêter dans le fossé d'en face. Et là encore, par chance immense dans tous nos déboires, personne n'arrivait de l'autre côté ! Rebelote : extirper la plate-forme d'où elle s'était correctement enquillée et la rattacher au véhicule. En fait, manque de chance, la flèche n'était pas adaptée du tout à l'attache caravane (j'avais omis de le dire, mais on ne pensait pas que cela prêterait à conséquence) !
À nouveau le chemin de la forêt. Journée de labeur sérieusement écourtée. On coupe, on range pour ne pas laisser le terrain inextricable derrière nous, on prépare des tas de bûches pour les charger plus facilement.
Puis retour vers l'ami voisin  à qui nous avions promis un voyage de bois. On charge, mais dès lors, accrochés à l'angoisse de perdre encore notre cargaison sur la route, il nous fallait d'extrême urgence trouver une solution des plus fiables. C'est ainsi qu'avec le frère du voisin, je me suis retrouvée tout le trajet, perchée sur la flèche de la remorque pour la lester. Pas très confortable, pas très rassurant non plus... De surcroît, avec l'automne à la nuit tombante, il fait vite froid, surtout comme cela, immobile en plein courant d'air, les mains tétanisées sur la carrosserie du 4x4 pour ne pas rouler sur la route et passer sous la remorque...

2 commentaires:

  1. Ca s'est vraiment produit ! Un vrai film comique, ton histoire !!! Remarque, ce jour-là ne devait pas être bien drôle !!!

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  2. Si, Si, c'est vraiment du sérieux !...

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